Comment lire sa fiche de paie?

Last updated on

Savez-vous déchiffrer chacune des lignes de votre fiche de paie ? Ou, comme la majorité des Français, vous recevez chaque fin de mois ce document sans le comprendre réellement ? 

Plusieurs raisons expliquent la difficulté rencontrée par les salariés à comprendre un bulletin de paie. Tout d’abord, sa longueur, ses termes techniques et ses nombreux acronymes rendent la lecture complexe pour des non initiés. A cela s’ajoutent les variations au niveau de la “forme” de la fiche de paie entre différents employeurs étant donné qu’il n’existe pas un bulletin “type”. Enfin, les bulletins de paie peuvent être remis de manière différente en fonction de votre employeur. Autant de facteurs qui ne sont pas évidents à maîtriser !

Entre 1948 et 2017, la fiche de paie est passée de 5 lignes à près de 40 lignes en France,  se positionnant bien loin devant sa voisine allemande dont le bulletin de salaire se résume aujourd’hui à 6 lignes. Depuis janvier 2018, dans une optique de lisibilité facilitée, les entreprises sont dans l’obligation de délivrer un "bulletin de paie simplifié”. Mais malgré ce changement, sa compréhension reste difficile. 

Et si vous preniez 5 minutes avec nous pour déchiffrer l’intégralité de votre bulletin de paie ? En tant que salarié, savoir décrypter sa fiche de paie est primordial. Cela vous permettra de comprendre la différence entre le montant brut et le montant net par exemple, pour quels organismes vous cotisez (souvent sans le savoir) ou encore de vérifier que ce document ne contient pas d’erreurs.

Première étape pour comprendre plus facilement votre bulletin de salaire : connaître sa structure. Toutes les fiches de paie en France se découpent en quatre parties simples et compréhensibles : les éléments d’identité vous concernant ainsi que votre employeur, le salaire brut, les cotisations sociales et patronales et, pour finir, le salaire net. 

Partie haute de votre bulletin de salaire : les éléments d’identification des parties

Sûrement la partie la plus intuitive et la plus évidente, le haut de votre fiche de paie vous indique l'identité des deux parties concernées par le contrat de travail : vous et votre employeur.

Dans la partie de l’employeur, il doit être indiqué :

  • le nom de la société qui vous emploie ;
  • l’adresse du siège social de l’entreprise ;
  • son code APE indiquant son secteur d’activité ;
  • son numéro SIREN ;
  • la convention collective applicable (à défaut, des articles du code du travail doivent être mentionnés car ils régissent votre statut et vos droits).

Concernant votre identité en tant que salarié, il doit être affiché sur votre fiche de paie :

  • votre nom ;
  • l’emploi que vous exercez au sein de l’entreprise ;
  • votre numéro au sein de l’entreprise ou “matricule” ;
  • votre classification, c’est-à-dire le niveau hiérarchique que vous occupez ;
  • la classification conventionnelle.

Ces informations, qui pourraient s'apparenter à des “cartes d’identité” sont des mentions obligatoires qui doivent absolument apparaître sur vos bulletins de paie mensuels, au même titre que la durée de travail et la date à laquelle vous devez recevoir votre salaire.

Première partie du corps de votre bulletin de paie : le salaire brut et les ajouts

Le premier chiffre qui apparaît sur votre fiche de paie est celui du “salaire brut”. Il indique la rémunération à laquelle vous avez le droit, mensuellement, pour le travail accompli sur la période de travail, avant la déduction des différentes cotisations sociales. Ce salaire brut est déjà le fruit d’un calcul puisqu’il est établi en fonction du “salaire mensuel de base” (SMB), soit le montant prédéfini par le contrat de travail, et des avantages mensuels pouvant venir se greffer au salaire brut. Les différents avantages sont les suivants :

  • la prime d’ancienneté ;
  • les primes exceptionnelles ;
  • les jours de congés payés ;
  • les heures supplémentaires qui ont été effectuées pendant la période de travail mensuelle ou les heures d’astreintes payées à taux majoré ;
  • les avantages en nature tels que les tickets restaurants, une part des frais de transports ou encore le prêt de biens matériels comme un ordinateur de travail.

Deuxième partie du corps de votre bulletin de paie : les taxes et les cotisations sociales

Si le salaire brut est le premier chiffre que l’on vous indique dans les premières lignes de votre bulletin de salaire, il n’est pas le salaire que vous allez toucher à la fin du mois. En effet, de ce montant sera déduit ce que vous devez verser à la Sécurité sociale. Cela permet d’assurer le fonctionnement des prestations sociales pour pouvoir en bénéficier dans le futur (retraite, maladie, etc).

Vous n’êtes cependant pas le seul à devoir payer des charges. Votre employeur doit, lui-aussi, payer des charges patronales. Ces cotisations sociales sont calculées en fonction de votre salaire. C’est ce qu’on appelle le “salaire super-brut”. L’employeur doit assurer à la fois votre salaire brut tout en versant des cotisations patronales supplémentaires.

Depuis 2018, les libellés des différentes cotisations et taxes ont été simplifiés. Ces différentes retenues ont été regroupées dans de plus larges catégories pour rendre la lecture des bulletins de paie plus digeste : santé, retraite, famille, chômage, accident du travail et maladie professionnelle.

Vous êtes encore un peu perdu ? Voici la liste des charges salariales (celles qui vous concernent) ainsi que celle des charges patronales (celles qui concernent votre entreprise).

1. Les cotisations sociales (part du salarié) 

  1. Maladie : cotisation si vous tombez malade
  2. Sécurité sociale vieillesse plafonnée : cotisation pour votre retraite qui porte uniquement sur la tranche de votre salaire inférieure à 3 428 euros
  3. Sécurité sociale vieillesse déplafonnée : cotisation pour votre retraite qui porte sur la totalité de votre salaire
  4. Assurance chômage : sert au financement des prestations de chômage
  5. Retraite complémentaire : cotisations permettant le financement de la retraite complémentaire
  6. AGFF : cotisations versées à l'Association pour la gestion des fonds de financement (AGFF) qui assure le financement de la retraite complémentaire
  7. Prévoyance : cotisations destinées à compléter les prestations des régimes de base de la Sécurité sociale (frais de santé, invalidité, incapacité, décès,...)
  8. Garantie maintien de salaire : sert à financer la couverture complémentaire du salarié s’il est en congé (maternité, paternité, maladie, etc), en plus des indemnités de la Sécurité sociale
  9. CSG non déductible : la “contribution sociale généralisée” est un prélèvement obligatoire qui participe au financement de la Sécurité sociale
  10. CSG déductible : prélèvement obligatoire qui participe également au financement de la Sécurité sociale. Cependant, cette partie de la CSG est retirée des revenus imposables, contrairement à la CSG non déductible
  11. CRDS non déductible : la “contribution au remboursement de la dette sociale” est l’impôt qui a pour but de résorber l’endettement de la Sécurité sociale, ce qu’on appelle communément le “trou de la Sécu”

2. Les charges patronales (part de l’employeur)

  1. FNAL TA : charge patronale pour l’aide au logement
  2. Contribution de solidarité autonomie : charge patronale pour financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées (c’est la contrepartie employeur du Lundi de Pentecôte)
  3. Financement des organisations syndicales : charges patronales pour le fonds qui finance les syndicats
  4. Accident du travail : charge patronale pour les accidents du travail 
  5. Exonérations de cotisations employeur (anciennement Réduction Fillon) : réduction de certaines cotisations patronales si le salarié a salaire n'excédant pas 2 463,07 €.
  6. Cotisation AGS (FNGS) : permet, en cas de redressement ou liquidation judiciaire, le paiement de l’intégralité des salaires aux salariés de l’entreprise
  7. Cotisation de mutuelle : la mutuelle est obligatoire pour toutes les entreprises. Tous les salariés doivent être couverts
  8. Cotisation de formation : tout employeur a l’obligation de participer au financement de la formation professionnelle continue des salariés
  9. Taxe d’apprentissage : a pour objet de faire participer les employeurs au financement des organismes de formation et d’assurer le développement de l’enseignement technologique, professionnel et de l’apprentissage

Partie basse de votre bulletin de paie : le salaire net et le prélèvement à la source

Dernière étape de votre fiche de paie : le salaire net. Le calcul est simple. Vous déduisez de votre salaire brut l’ensemble des charges salariales et des taxes qui vous sont prélevées. Oubliez le salaire brut. Le salaire net est le montant que vous allez réellement toucher à la fin du mois. Toutefois, cela ne s’arrête pas là. L’étape des charges salariales est importante mais celle des impôts l’est tout autant. En effet, vos revenus sont imposables et donc soumis à l’impôt sur le revenu. 

Avant 2019, les salaires nets étaient entièrement versés aux salariés. Cette somme était, par la suite, soumise à l’impôt sur le revenu. Plus clairement, vous deviez payer vos impôts directement à l’administration fiscale tous les mois ou tous les trois mois. Ce montant n’était pas indiqué sur votre fiche de paie. Une situation délicate à gérer pour les salariés qui n’avaient pas pris en compte, dans leurs dépenses, l’échéance de payer leurs impôts.

Depuis le 1er janvier 2019, conformément à l’ordonnance n°2017-1390 du 22 septembre 2017, la règle a changé. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu s’est généralisé. Aujourd’hui, il n’est plus question de verser cet impôt a posteriori de votre fiche de paie. Le taux d’imposition sur le revenu est directement communiqué à votre employeur. C’est à lui que revient le rôle de vous retirer la somme convenue par l’impôt directement à la “source” de vos revenus, c’est-à-dire sur votre salaire final imposable. Dans le cas où vous décidez de ne pas transmettre votre taux d’imposition à votre employeur, il vous sera appliqué un taux “neutre”, non personnalisé.

 

Covid-19 : décrypter votre bulletin de paie au chômage partiel  

En cette période de crise sanitaire, les entreprises ont dû elles aussi s’adapter afin de maintenir les emplois de leurs salariés, notamment par un passage en activité partielle. Cela a un impact sur les lignes de votre fiche de paie. Vous vous trouvez dans cette situation ? Nous avons pris le temps de vous fournir les informations nécessaires à la parfaite compréhension de vos bulletins de salaire en activité partielle dans un article dédié.

PayFit

Julie Rabreau

Freelance content writer @PayFit

Tags