Décryptage pour comprendre sa fiche de paie

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Vous êtes salarié et vous souhaitez savoir comment lire votre fiche de paie ? Vous n’êtes pas le seul ! C'est une question que se posent de très nombreux salariés à la fin de chaque mois.

Entre 1948 et 2017, la fiche de paie est passée de 5 lignes à près de 40 lignes en France, se positionnant bien loin devant sa voisine allemande dont le bulletin de salaire se résume aujourd’hui à 6 lignes seulement

Pour bien lire sa fiche de paie, il faut schématiquement tout découper en quatre parties simples et compréhensibles : les éléments d’identité vous concernant ainsi que votre employeur, le salaire brut, les cotisations sociales et patronales et, pour finir, le salaire net.

Dans cet article, nous revenons sur chacune de ces parties - étape par étape - pour que chaque salarié puisse aisément comprendre son bulletin de paie. 

Sommaire

    Partie 1 : les éléments d’identification des parties

    Lire sa fiche de paie se fait de haut en bas, la première partie est donc celle qui se situe tout en haut à gauche de votre bulletin de paie. 

    C’est sûrement la partie la plus intuitive et la plus évidente, le haut de votre fiche de paie vous indique l'identité des deux parties concernées par le contrat de travail : vous et votre employeur.

    Dans la partie de l’employeur, il doit être indiqué :

    • le nom de la société qui vous emploie ;
    • l’adresse du siège social de l’entreprise ;
    • son code APE indiquant son secteur d’activité ;
    • son numéro SIREN ;
    • la convention collective applicable (à défaut, des articles du code du travail doivent être mentionnés car ils régissent votre statut et vos droits).

    Concernant votre identité en tant que salarié, il doit être affiché sur votre fiche de paie :

    • votre nom ;
    • l’emploi que vous exercez au sein de l’entreprise ;
    • votre numéro au sein de l’entreprise ou “matricule” ;
    • votre classification, c’est-à-dire le niveau hiérarchique que vous occupez ;
    • la classification conventionnelle.

    Ces informations, qui pourraient s'apparenter à des “cartes d’identité” sont des mentions obligatoires du bulletin de paie - elles doivent absolument apparaître, au même titre que la durée de travail et la date à laquelle vous devez recevoir votre salaire.

    Exemple fiche de paie en ligne

    Exemple fiche de paie en ligne

    Partie 2 : Le salaire brut et les ajouts

    La seconde partie sur laquelle se pencher pour comprendre sa fiche de paie est celle qui vise le salaire brut et les ajouts.

    Le premier chiffre qui apparaît sur votre fiche de paie est celui du “salaire brut”. Il indique la rémunération à laquelle vous avez le droit, mensuellement, pour le travail accompli sur la période de travail, avant la déduction des différentes cotisations sociales.

    Ce salaire brut est déjà le fruit d’un calcul puisqu’il est établi en fonction du “salaire mensuel de base” (SMB), soit le montant prédéfini par le contrat de travail, et des avantages mensuels pouvant venir se greffer au salaire brut.

    Les différents avantages envisageables sont les suivants :

    • la prime d’ancienneté ;
    • les primes exceptionnelles ;
    • les jours de congés payés ;
    • les heures supplémentaires qui ont été effectuées pendant la période de travail mensuelle ou les heures d’astreintes payées à taux majoré ;
    • les avantages en nature, par exemple un véhicule de fonction ou encore le prêt de biens matériels comme un ordinateur de travail.

    Partie 3 : Les taxes et les cotisations sociales

    Si le salaire brut est le premier chiffre que l’on vous indique dans les premières lignes de votre bulletin de salaire, il ne correspond pas au salaire que vous allez toucher à la fin du mois.

    En effet, de ce montant seront déduites différentes cotisations qui vont venir amputer une partie de ce salaire brut. Ces cotisations permettent d’assurer le fonctionnement des prestations sociales pour pouvoir en bénéficier dans le futur (retraite, maladie, etc).

    Vous n’êtes cependant pas le seul à devoir payer des charges. Votre employeur doit, lui-aussi, payer des charges patronales. Ces cotisations sociales sont calculées en fonction de votre salaire. C’est ce qu’on appelle le “salaire super-brut” : l’employeur doit assurer à la fois votre salaire brut tout en versant des cotisations patronales supplémentaires.

    Pour comprendre un bulletin de paie, il faut donc prendre en compte l'ensemble des cotisations sociales.

    Depuis 2018, les libellés des différentes cotisations et taxes ont été simplifiés dans le cadre du bulletin de paie simplifié. Ces différentes retenues ont été regroupées dans de plus larges catégories pour rendre l’explication des fiches de paie plus compréhensible :

    • santé ;
    • retraite ;
    • famille ;
    • chômage ;
    • accident du travail ;
    • maladie professionnelle.

    1. Les cotisations sociales (part du salarié)

    • Maladie : cotisation salariale qui concerne uniquement les départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle ;
    • Sécurité sociale vieillesse plafonnée : cotisation pour votre retraite qui porte uniquement sur la tranche de votre salaire inférieure à 3 428 euros ;
    • Sécurité sociale vieillesse déplafonnée : cotisation pour votre retraite qui porte sur la totalité de votre salaire ;
    • Assurance chômage : sert au financement des prestations de chômage ;
    • Retraite complémentaire : cotisations permettant le financement de la retraite complémentaire ;
    • AGFF : cotisations versées à l'Association pour la gestion des fonds de financement (AGFF) qui assure le financement de la retraite complémentaire ;
    • Prévoyance : cotisations destinées à compléter les prestations des régimes de base de la Sécurité sociale (frais de santé, invalidité, incapacité, décès,...) ;
    • Garantie maintien de salaire : sert à financer la couverture complémentaire du salarié s’il est en congé (maternité, paternité, maladie, etc), en plus des indemnités de la Sécurité sociale ;
    • CSG non déductible : la “contribution sociale généralisée” est un prélèvement obligatoire qui participe au financement de la Sécurité sociale ;
    • CSG déductible : prélèvement obligatoire qui participe également au financement de la Sécurité sociale. Cependant, cette partie de la CSG est retirée des revenus imposables, contrairement à la CSG non déductible ;
    • CRDS non déductible : la “contribution au remboursement de la dette sociale” est l’impôt qui a pour but de résorber l’endettement de la Sécurité sociale, ce qu’on appelle communément le "trou de la Sécu".

    2. Les charges patronales (part de l’employeur)

    • Maladie ;
    • FNAL : charge patronale pour l’aide au logement ;
    • Contribution de solidarité autonomie : charge patronale destinée à financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées (c’est la contrepartie employeur du Lundi de Pentecôte) ;
    • Financement des organisations syndicales : charges patronales pour le fonds qui finance les syndicats ;
    • Accident du travail : cotisation qui couvre les risques accidents du travail, les maladies professionnelles et les accidents du trajet ;
    • Exonérations de cotisations employeur (anciennement Réduction Fillon) : réduction de certaines cotisations patronales si le salarié bénéficie d'un salaire n'excédant pas 2 463,07 € ;
    • Cotisation AGS (FNGS) : cotisation qui permet, en cas de redressement ou liquidation judiciaire, le paiement de l’intégralité des salaires aux salariés de l’entreprise ;
    • Cotisation mutuelle : la mutuelle est obligatoire pour toutes les entreprises. Cette cotisation peut également s'appeler "complémentaire santé" sur la fiche de paie ;
    • Cotisation formation : tout employeur a l’obligation de participer au financement de la formation professionnelle continue des salariés ;
    • Taxe d’apprentissage : a pour objet de faire participer les employeurs au financement des organismes de formation et d’assurer le développement de l’enseignement technologique, professionnel et de l’apprentissage.

    Une fois les cotisations sociales déduites, on vient prendre en compte les ajouts en net (non soumis à cotisation). Les cas les plus courants sont par exemple les notes de frais ou les frais de transports.

    Le forfait social : une cotisation patronale particulière

    C'est une contribution à la charge de l’employeur et à destination de la Sécurité sociale.

    Elle s'applique aux rémunérations qui sont exonérées de cotisations ou de contributions de Sécurité Sociale et qui sont également assujettis à la CSG.

    Exemples de rémunérations concernées : les primes d'intéressement ou de participation, les indemnités de rupture conventionnelle, les abondements de l'employeur aux plans d'épargne d'entreprise (PEE), aux plans d'épargne interentreprises (PEI) ou aux plans d'épargne pour la retraite collectif (Perco), etc.

    Partie 4 : Le salaire net et le prélèvement à la source

    Dernière étape pour comprendre une fiche de paie : le passage du salaire brut au net.

    Il faut pour cela déduire du salaire brut l’ensemble des charges salariales et des taxes prélevées. Le salaire net se rapproche le plus du montant que vous allez réellement toucher à la fin du mois. Mais cela ne s’arrête pas là ; l'étape des charges salariales est importante mais celle des impôts l’est tout autant.

    Avant 2019, les salaires nets étaient entièrement versés aux salariés. Cette somme était, par la suite, soumise à l’impôt sur le revenu. Plus clairement, vous deviez payer vos impôts directement à l’administration fiscale tous les mois ou tous les trois mois. Ce montant n’était pas indiqué sur votre fiche de paie. Une situation délicate à gérer pour les salariés qui n’avaient pas pris en compte, dans leurs dépenses, l’échéance de payer leurs impôts.

    Depuis le 1er janvier 2019, conformément à l’ordonnance n°2017-1390 du 22 septembre 2017, la règle a changé. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu s’est généralisé.

    Aujourd’hui, il n’est plus question de verser cet impôt a posteriori de votre fiche de paie. Le taux d’imposition sur le revenu est directement communiqué à votre employeur (le cas échéant, un taux neutre sera appliqué). C’est à votre employeur que revient le rôle de vous retirer la somme convenue par l’impôt directement à la “source” de vos revenus, c’est-à-dire sur votre salaire net imposable.

    Partie 5 : Les congés payés

    Un dernier encart sur votre fiche de paie revient sur les congés payés acquis et pris au cours de la période de référence. 

    Comment lire ses congés payés sur sa fiche de paie ?

    Sur la fiche de paie, les congés payés sont divisés en plusieurs catégories :

    • les congés acquis : les congés que le salarié a obtenus au cours de la période de référence de l’année précédente (entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai dernier). Ils sont indiqués par la mention "Congés N-1" ou "CP N-1", N représentant l'année de référence en cours ;
    • les congés en cours d'acquisition : il s'agit des congés que le salarié est en train d'acquérir au titre de l'année en cours, c'est-à-dire depuis le 1er juin dernier. Ils sont indiqués par la mention "Congés N" ou "CP N".
    • les congés pris en N-1 et N : Les congés payés pris en N-1 sont les congés que le salarié a pris et qui concernent la période du de référence de l'année précédente, tandis que les congés payés pris en N sont les congés pris sur la période de référence en cours.
    • le solde de congés payés : ce solde correspond à la soustraction entre les congés payés acquis et ceux qui ont été pris depuis le début de la période de référence.

    ⚠️Si le salarié prend des congés payés et qu’il a un solde N-1 positif, les congés seront déduits en priorité du solde N-1.

    compteur congés payés

    compteur congés payés

    Vous avez désormais toutes les cartes en main pour comprendre votre bulletin de salaire. Pour plus d'explication sur la fiche de paie, vous pouvez consulter notre guide pour faire une fiche de paie 100% conforme.

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